La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la principale, celle de l’angle, Ps. 117, 22.
Une pierre angulaire est celle qui donne à une construction son équilibre, son fondement et sa cohérence. Elle a permis d’édifier des cathédrales au Moyen âge, chefs d’œuvre du génie des bâtisseurs au service de Dieu. Dans l’Écriture, Jésus-Christ est reconnu comme la pierre d’angle qui donne son sens à l’Église (1 Pierre 2, 6). C’est bien dans la pluralité des expressions de foi et la diversité de ses engagements que l’Église atteste de son unité en Christ, pierre d’angle de tous les projets de vie.
Pierre angulaire aussi entre protestants luthériens et réformés qui ont lancé une réflexion vers une Église protestante unie en France en 2012, pour mieux témoigner de l’Évangile, avec pertinence, dans une société de plus en plus sécularisée. Cette question sera en débat au prochain Synode régional en novembre à Dourdan.
Aujourd’hui il y a urgence à communiquer sa foi, trouver les mots les plus justes, les gestes qui traduisent la Bonne nouvelle que le Christ a apportée. Urgence à convertir les pierres d’achoppement qui jalonnent nos histoires ecclésiales et nos routes humaines en pierre angulaire pour fortifier et relier tous nos projets au nom du Christ. Devenir des pierres vivantes pour adapter sans cesse son témoignage et convertir la vie ecclésiale.
Il y a urgence à ce que les Églises soient de plus en plus des lieux d’accueil où la parole de Dieu est reçue et partagée pour tous. Les Journées d’Église pour cette rentrée et les Journées européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre sont l’occasion de renforcer ces liens.
Rendre l’Église plus visible, plus accueillante, plus vigilante, plus fraternelle, nous pousse sans cesse à l’audace d’annoncer l’Évangile.
Le 7 septembre, l’assemblée du Désert accueillera des milliers de protestants venus de toute l’Europe. Cet événement est le rappel que l’héritage protestant n’est pas une mémoire obsolète, mais preuve que la foi, hier comme aujourd’hui, implique courage et audace au nom du Christ. La Réforme a redit avec force que la fidélité à l’Évangile est indissociable de l’innovation d’une parole enracinée au cœur du monde.
Le miracle de la foi est bien d’être chacun une pierre vivante, c’est-à-dire d’appartenir au corps du Christ, au-delà de nos mérites où de nos identités. Cet espace de communion est un chantier sans cesse ouvert où chacun y trouve sa place. Bonne rentrée à chacun !