Accès au site national
 
 

Eglise Réformée
de France
en Région
Parisienne
37, rue Tournefort
75005 Paris
Tél. 01 45 35 63 00
Fax 01 45 35 04 56

 

 

Actualités
 Dossier du mois : Recevoir - Transmettre - Partager   

Vous êtes des pierres vivantes…

Ce qui fait l’Église, pour les protestants, ce ne sont pas des pierres ou du béton, mais des hommes et des femmes assemblés pour écouter la parole de Dieu

Peut-on pour autant se passer de salles pour célébrer le culte et se réunir, d’une cuisine pour préparer des repas à partager, de locaux pour les jeunes ? Si certains l’ont prôné à une époque, désirant que l’Église vive la pauvreté et la « désinstallation » (1), aujourd’hui on est plutôt sensible aux chances qu’offre l’existence de bâtiments paroissiaux.
Car, au-delà des charges à assumer (la chaudière à entretenir, les chasses d’eau qui fuient, le ménage à assurer…), un centre paroissial est un instrument précieux de vie communautaire : il est bien agréable de pouvoir se retrouver et accueillir « chez soi » ou de pouvoir décider d’une rencontre à l’improviste sans avoir à réserver un lieu. Et cela rejoint la préoccupation de visibilité qui habite les protestants ; un bâtiment permet de se montrer dans la ville ou le village et, peut-être, de faire entendre quelque chose du message qui rassemble les fidèles.

Adaptations nécessaires
Aujourd’hui encore, des centres paroissiaux sont créés ou transformés en profondeur dans l’Église réformée à Lyon, à Nîmes, en Région parisienne…, dans le cadre d’opérations immobilières sur le lieu d’anciens bâtiments qui nécessitaient une rénovation, ou dans des zones où le protestantisme réformé n’était pas encore présent, pour adapter la présence ecclésiale à la démographie.
Les cheminements qui conduisent à s’engager dans une réalisation immobilière sont complexes, le projet de vie ecclésial devant prendre en compte les réalités de la politique urbaine et du marché immobilier. Souvent, ce sont les contraintes immobilières ou financières (bâtiment vétuste, projet de rénovation du quartier, difficulté à assumer les charges des bâtiments existants…) qui obligent l’Église à sortir de la routine dans laquelle elle s’était installée pour repenser son implantation. Il lui faudra savoir saisir les opportunités immobilières – mais pas sans avoir d’abord réfléchi en profondeur son projet de vie.

Au service de l’Église
Il peut être précieux, pour ce faire, de se référer à la catégorisation classique des fonctions nécessaires à la vie de l’Église. Les fonctions cultuelle et communautaire de l’Église sont logiquement envisagées dans les projets immobiliers : il s’agit de mieux répondre aux besoins de la communauté ecclésiale existante, en la dotant de locaux mieux situés, ou mieux adaptés à sa taille et à ses modes de vie. Avec les contraintes financières, c’est le centre de gravité de l’habitat des paroissiens et la commodité d’accès qui dictent la localisation de l’édifice. La fonction diaconale est assez souvent prise en compte dans les choix immobiliers. Elle peut conduire l’Église à s’installer dans des quartiers défavorisés en combinant présence cultuelle et engagement social. Cela a été particulièrement le cas dans les années 60, quand ont été édifiés les « grands ensembles » ; mais aujourd’hui encore, une logique diaconale participe du choix que font certaines Églises locales de s’implanter dans des zones nouvellement urbanisées. À côté du travail social à proprement parler, la dimension diaconale peut se traduire par le projet d’ouvrir les locaux ecclésiaux aux groupes et associations du quartier, de devenir un lieu de rencontre, pour aider à tisser du lien social là où il fait défaut. Et le projet peut encore prendre la forme d’une « diaconie du sens » (2), en offrant un lieu où les questions de société et les réflexions sur le sens de la vie soient explicitement abordées. On rejoint là une des compréhensions de la fonction kérygmatique (annonce de l’Évangile).
La construction peut enfin être motivée par la volonté que l’Église soit présente là où elle ne l’était pas, avec une perspective missionnaire plus ou moins active. Cela peut passer par un projet d’évangélisation (invitation à des soirées d’information et de réflexion sur la foi chrétienne, par exemple), ou simplement par l’idée que l’existence, dans leur quartier, d’un édifice religieux et d’une communauté accueillante, incitera certains à franchir la porte.
Les différentes fonctions se combinent dans les projets immobiliers comme dans la vie de l’Église. La volonté de se doter d’un bâtiment plus fonctionnel peut aller de pair avec le désir de faire connaître l’Évangile à des publics nouveaux. La fonction diaconale contribue à témoigner de l’Évangile autant qu’à l’annoncer – l’important étant que la gratuité du service ne soit pas effacée par le souhait d’agrandir la communauté ecclésiale.

Dimension symbolique
L’existence même de bâtiments d’Église participe à l’annonce de l’Évangile. Un édifice religieux constitue un signe posé dans l’urbanisme ; au centre ville, à côté des banques et des commerces, il affirme que la vie humaine ne peut se résumer à un échange marchand ; dans les cités défavorisées, il peut signifier aux habitants que leur quartier est vraiment un lieu de vie, qu’il possède une réelle dignité. Ici comme là il peut appeler à ouvrir sa vie à la transcendance. Encore faut-il, pour que le message soit audible, que ces bâtiments soient vraiment des lieux de vie. Des locaux fermés et inutilisés risquent de signifier surtout que l’Église se meurt…
C’est une compréhension fonctionnelle des bâtiments qui domine dans le protestantisme. Les édifices paroissiaux sont pensés comme des instruments au service de la mission de l’Église. Mais les outils ne sont jamais tout à fait neutres, ils induisent des fonctionnements et des contraintes qui influent sur la vie. Le temps renforce souvent le décalage entre la pierre et le projet ecclésial, les bâtiments étant plus durables que les projets. Que de communautés écrasées par le poids des bâtiments hérités d’hier. S’il est nécessaire d’adapter le mieux possible l’instrument au projet ecclésial, il faut, après, savoir faire preuve de souplesse pour que, réciproquement, le projet s’adapte aux réalités. On s’aperçoit que ces situations sont parfois bénéfiques, quand, par exemple, une Église obligée par l’état de ses finances à s’établir dans un quartier défavorisé, se voit amenée à découvrir sa vocation diaconale ; ou quand la dégradation d’un bâtiment oblige l’Église à repenser le projet de vie sur lequel elle somnolait… Car, humour de l’Esprit, les questions immobilières constituent finalement souvent une stimulation qui pousse les paroisses à se remettre en route…
Isabelle Grellier, Faculté de théologie protestante de Strasbourg

(1) - On trouve cette formule dans les réflexions de certains centres de rencontre, au début des années 70.

(2) - Expression utilisée en particulier par Gérard Delteil à propos des actes pastoraux.

Exergue
Un édifice religieux constitue un signe posé dans l’urbanisme





29-08-2008

Retour | Imprimer


fil infos
Des organismes chrétiens alertent sur l'avancée des mesures annoncées
Que fais-tu de ton frère ?
Expulsion de Palestiniens de Cisjordanie
Le blocus de Gaza doit cesser
Appel de la CImade
Décés du pasteur Serge Oberkampf,
La Voix Protestante recrute
L'ERF du Louvre à Paris recrute
temps de culte et de prière pour Haïti
Qui sont les protestants ?
Semaine de prière pour l’unité
Appel d’urgence pour Haïti
Décès du pasteur Roby BOIS
Message de la 13è Assemblée générale de la KEK à toutes les Eglises membres
Suspension des contrats de retentions adminsitratives
N'arrêtons pas le chantier de réforme entrepris dans les prisons
Concert d'été aux Billettes à Paris
Pour les peuples d'Israël et de Palestine
renoncer à son double discours à l’égard des migrations
Animations pour les ados
Deux envoyées en Israël et Palestine
Avis du projet de décision vers une Eglise Protestante Unie de France
Fiers de notre passé et résolument tournés vers un avenir plein d’espérance
Pour que son rêve devienne réalité
Informations et d’échanges sur la situation des étrangers
Animer un groupe
THE A THEME