D’abord curé de Glaris, il fait adopter la Réforme dans le canton de Zürich en 1523. Il s’oppose d’un côté aux anabaptistes, de l’autre à Luther à propos de la Cène : pour lui le Christ est présent dans les cœurs par son Esprit et non dans les espèces. Il meurt au cours de la bataille de Cappel opposant les troupes zurichoises aux cantons restés fidèles au catholicisme romain. Il est aujourd’hui encore l’une des sources d’inspiration des Églises réformées, et notamment du protestantisme libéral.
2. Martin Bucer (1491-1551) : C’est en 1518 que ce dominicain rencontre Luther et adopte ses idées. En 1529, il s’installe à Strasbourg et y introduit la Réforme. Il accueille Calvin chassé de Genève en 1538. Humaniste, il tente toute sa vie de sauvegarder l’unité de l’Église. Dans l’opposition entre Luther et Zwingli sur la Cène, il ne parvient pas à trouver un accord. Il accueille à Strasbourg les anabaptistes persécutés. Il essaie vainement de rapprocher catholiques et protestants sur les points fondamentaux.
3. Guillaume Farel (1489-1565) :
Il joue un rôle important dans l’expansion de la Réforme en Suisse romande et en France. Il rencontre Zwingli, Œcolampade et Bucer. Il prêche la foi protestante dans le Dauphiné, à Neuchâtel en 1530, puis dans le Pays de Montbéliard. Il s’établit à Genève en 1532, y devient ministre du culte, et y attire Jean Calvin. Mais il ne tarde pas à se brouiller avec lui, à l’occasion de disputes sur la Cène. Il est banni de Genève en 1538 pour son rigorisme excessif et se retire à Neuchâtel.
4. Sébastien Castellion (v. 1515-1563) :
Humaniste, helléniste, traducteur de la Bible et pédagogue, Castellion rencontre Calvin à Strasbourg. Grâce à ce dernier il dirige en 1541 le collège de Genève. Leur entente est de courte durée et il s’opposera plusieurs fois à Calvin sur la prédestination ou sur le thème des hérésies dont l’affaire Servet. Il exposera alors sa théorie de la tolérance. Il se réfugie à Bâle. Son inlassable dénonciation du fanatisme au nom de la liberté de conscience situe Castellion à l’aile gauche de la Réforme.
5. Idelette de Bure (1509-1549) :
Vuve du pasteur anabaptiste de Liège Jean Storder dont elle a deux enfants, elle épouse Jean Calvin en 1539. Leur enfant meurt peu après sa naissance. La vie avec Calvin n’est pas facile, celui-ci n’ayant jamais de temps à lui consacrer. Elle ne parle jamais à Calvin de ses problèmes et soucis, considérant qu’il avait des tâches bien plus sérieuses à accomplir. Elle s’occupe de la santé fragile de son mari, est très active dans le service des malades et des pauvres à Genève.
6. Jean Œcolampade (1482-1531) :
Cet humaniste collabore avec Érasme à l’édition du Nouveau testament en 1515. Il publie des écrits des Pères de l’Église et des commentaires bibliques. Professeur en 1524, il s’impose en 1529 comme le réformateur de Bâle et devient pasteur de la cathédrale et chef de l’Église bâloise. Il accorde une place importante aux laïcs. Au colloque de Marbourg, aidé de Bucer, il tente sans succès d’unir les positions divergentes de Zwingli et de Luther sur la présence du Christ dans l’eucharistie.
7. Philipp Mélanchthon (1497-1560) :
Magistrat et professeur à Wittenberg, conseiller du prince-électeur Frédéric le Sage, il est connu comme exégète et fondateur de la dogmatique protestante luthérienne. Bras droit et successeur de Luther, il est l’auteur de la Confession d’Augsbourg de 1530. Il se préoccupe de concilier la Réforme et l’humanisme chrétien. Il s’efforce de réaliser l’unité entre les différentes tendances de la Réforme et tente de rapprocher la Réforme et le catholicisme pour maintenir l’unité de la chrétienté et de l’empire.
8. Clément Marot (1496-1544) :
Célèbre poète français, il met en vers des psaumes de la Bible qui seront chantés dans toute la France et seront le point de départ du célèbre recueil, Le psautier huguenot. Ses sympathies pour la Réforme lui attirent bien des ennuis, en 1529, 1532, puis en 1534 après l’affaire des placards. Il abjure le protestantisme en 1536, obtient le pardon du roi et retrouve le statut de poète officiel de la cour. Mais en 1542 une nouvelle accusation d’hérésie l’oblige à se réfugier à Genève auprès de Calvin.
9. Claude Goudimel (v. 1520-1572) :
Il est l’un des compositeurs français les plus importants du XVIe siècle. Il crée une version polyphonique à quatre voix de 150 psaumes du Psautier de Genève pour être chantée en famille. Cette version connaît un immense succès et est encore chantée aujourd’hui. Converti au protestantisme vers 1560, il s’intéresse aux textes et mélodies du Psautier de Genève et met en musique la traduction des Psaumes de Clément Marot et de Théodore de Bèze. Il est assassiné à Lyon lors de la Saint-Barthélemy, en 1572.
10. Théodore de Bèze (1519-1605) :
Premier recteur de l’Académie que Calvin fonde à Genève en 1559, il est aumônier de l’armée de Condé lors de la première guerre de religion. Il dirige la délégation protestante au Colloque de Poissy (1561). Il préside le Synode de la Rochelle en 1571 durant lequel la Confession de foi des Églises réformées de France est adoptée. En 1561, continuant l’œuvre entreprise par Clément Marot, il termine la transposition des Psaumes en vers français, qui seront ensuite mis en musique dans le Psautier de Genève. Franck Honegger