Accès au site national
 
 

Eglise Réformée
de France
en Région
Parisienne
37, rue Tournefort
75005 Paris
Tél. 01 45 35 63 00
Fax 01 45 35 04 56

 

 

Actualités
 Actualités et manifestations   

Vivre une formation au Sénégal

La formation permanente des pasteurs du CPLR et le service de Mission-Défap ont organisé un stage du 14 au 24 avril au Sénégal sur le thème Églises du Sud et du Nord, enrichissement mutuel et transformation réciproque. Quatre pasteurs en Région parisienne sur les 17 participants nous font partager leurs expériences

Le protestantisme
au Sénégal

La présence protestante connaît un développement depuis les années 80, avec notamment deux pôles de rayonnement.
- L’Église luthérienne du Sénégal (ELS), qui a son siège à Fatick. Membre de la Cevaa, elle est soutenue par les Églises de Finlande et des États-Unis, et connaît un développement notable depuis sa création il y a trente ans, avec douze paroisses disséminées et dix-huit pasteurs sénégalais, rayonnant d’une foi communicative ! Elle entreprend une multitude d’actions : évangélisation (traduction de la Bible en sérère et bientôt en wolof), action sociale (foyer d’accueil des élèves), développement (alphabétisation, agriculture, santé…).
- L’Église protestante du Sénégal (EPS), implantée depuis 1861, est issue de l’action de la Société des Missions de Paris et a connu bien des vicissitudes. De tradition réformée à l’origine, membre de la Cevaa, elle accueille aujourd’hui des Africains de toutes dénominations protestantes. L’EPS, bien que limitée en nombre, entreprend des actions très diverses : évangélisation (Saint-Louis et région de Casamance), aumônerie pour les étudiants, action sociale importante avec le Centre Liberté de Dakar.
Le christianisme (toutes dénominations confondues) ne regroupe qu’environ 10 % de la population sénégalaise, le reste se réclamant d’un islam mêlé d’animisme. C’est pourquoi le dialogue islamo-chrétien est essentiel pour les Églises chrétiennes.
Patrick Chong, pasteur à Lagny-Chelles-Marne-la-Vallée

Quelles dominantes
ressortent de ce stage ?

Une première génération de jeunes pasteurs sénégalais, des femmes, des jeunes cadres d’Églises, vivent intensément leur ministère, leur engagement, dans des conditions parfois difficiles : un protestantisme très minoritaire, mais aussi des locaux, des presbytères, des temples parfois en bien mauvais état. Pourtant, l’activité est aussi enthousiaste que multiple : au plan religieux, cultes, catéchèse, études bibliques, réunions, travail coordonné, tout cela va bon train ! Ce qui frappe est l’engagement diaconal de ces Églises. Dans un pays encore en développement, elles ont construit de véritables programmes, très bien pensés, structurés, accompagnés, dans plusieurs grands domaines : au Centre Liberté, géré par l’Église protestante du Sénégal, les petits bouts de chou, des « Poussins » aux « Lapins », écrivent, dessinent, jouent… ou font la sieste. Des grands adolescents, en classe mixte, font un apprentissage : couture, et fierté du Centre ! un « pôle froid » où ils réparent, mais aussi fabriquent réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs, avec une expertise reconnue par un diplôme d’État. Formation théorique et remise à niveau scolaire complètent ces activités.
L’Église luthérienne du Sénégal gère un Foyer de jeunes travailleurs, filles et garçons, venus de tout le pays pour travailler et aider leur famille restée au village. Par ailleurs, elle a développé des pôles plus spécifiquement tournés vers le monde rural : hydrologie (forages, irrigation, pompes…), agriculture, santé (notamment avec des « cases » de santé) : dans ce dernier domaine, femmes et enfants sont particulièrement ciblés, et la construction d’un grand centre type PMI (Protection Maternelle et Infantile) est déjà dans les cartons. Dans toutes ces structures, il n’est aucunement fait acception de religion : le tableau d’honneur du Centre Liberté, où figurent, à la craie, les « bons élèves » de la semaine, montre les petits Cheikh et Ahmedine partageant les bonnes notes avec Sarah ou Charles.
Si l’aide des Missions, notamment la Mission Finlandaise, reste non négligeable, ces Églises sont de plus en plus en voie d’autonomisation : lucides sur la difficulté de financer ces projets, les pasteurs ne se laissent gagner ni par le découragement, ni par la solution de l’assistanat. Argent, peut-être, mais surtout partenariats et bonnes idées comme les micro crédits/projets, particulièrement bien adaptés au niveau rural.
Christine Durand-Leis, pasteur à Aubervilliers

Pourquoi choisir
ce stage ?

A priori, j’étais loin de répondre aux conditions d’accès à cette formation qui « s’adresse en priorité aux pasteurs sans expérience outre-mer ». Malgré mon origine africaine, mon choix fut motivé par trois facteurs :
- L’objectif visé par la formation : compté encore parmi les « envoyés » de la Cevaa il y a de cela quelques mois, je me suis senti interpellé par les thématiques proposées pour cette formation : réfléchir sur le sens de nos relations avec les Églises partenaires du Sud, échanger sur les conditions d’accueil des personnes d’autres cultures dans nos paroisses. Découvrir les réalités d’« une minorité chrétienne en pays musulman, avec ses objectifs d’évangélisation ». Et se laisser interpeller par l’écoute des préoccupations et attentes des Églises-hôtes. Tout un programme missionnaire qui a de quoi intéresser un « hybride » comme moi.
- L’expression du caractère « Mosaïc » des Églises de France : cette formation est un moyen pour révéler une des dimensions missionnaires sur laquelle les Églises de France sont en train de mettre l’accent : l’Église comme espace « Mosaïc », avec l’accueil non seulement des fidèles venant de tous les horizons, mais surtout de ministres venant d’autres Églises et cultures ; une ouverture pour la « mission de partout vers partout ».
- Un besoin de ressourcement : après quatre ans de ministère dans l’ERF avec une participation au témoignage missionnaire, cette formation se présente comme une opportunité de ressourcement : occasion pour confronter les expériences de ces dernières années avec les réalités des Églises d’Afrique dont je suis souvent amené à parler lors des animations de Journées missionnaires ; et occasion pour faire le point sur mon ministère dans un contexte d’inter culturalité. En cela, un souffle nouveau pourrait être recherché dans la « Rencontre de l’autre et à travers des regards croisés ».
Parti à la rencontre de l’autre et de cette Afrique que je croyais connaître, sans me poser trop de questions, je
l’ai plutôt redécouverte dans son caractère pluriel : les Afriques, selon
A. Mbembe. J’en reviens chargé de questions et d’interrogations. Qu’en est-il alors des objectifs ? Je ne peux dire en toute humilité que la rencontre nous met en marche ; surtout quand tu t’entends dire par l’un des animateurs : « Je crois, Victor, que par ta présence, tu fais le pont… ».
Victor Adzra, pasteur à
Charenton-Créteil


Comment ce stage a-t-il une résonance dans mon ministère ?
Si je devais choisir un mot, un seul qui évoque ce voyage, un seul qui parle de ces rencontres, un seul qui résonne ou pourrait avoir une résonance particulière dans mon ministère, ce serait le mot Terranga, qui en wolof signifie « le pays du bon accueil » ou « terre d’accueil ».
« Nous étions des étrangers et ils nous ont accueillis ». Nous avons reçu l’hospitalité, celle qui remonte aux temps anciens quand nul ne pouvait s’approprier la terre, nous offrant « de croiser les regards », thème de notre session de formation, à la rencontre de ces paroissiens nouvellement convertis, sans doute la deuxième génération de ceux touchés par l’Évangile et le protestantisme. Et à chaque fois, le même accueil, la même hospitalité, une fraternité spontanée, des chants de bénédiction et de louange au rythme du tam-tam.
Terranga jouera-t-il un rôle dans mon ministère ? Sans doute que l’on ne sort pas tout à fait indemne de ce type de stage où nous sommes déplacés, dans le sens le plus large du terme, pour revenir avec tout ce que nous avons parcouru. Cependant, ­­­­cette qualité d’accueil ne peut que participer à la dimension communautaire de l’Église, donner le goût de l’autre, des autres et se rappeler que l’Évangile est cette terre d’asile, d’hospitalité sans frontière, où chacun a une place, et où tous partagent ce lieu commun : l’Évangile de Jésus-Christ, où nul n’est étranger mais chacun enfant de Dieu.
Valérie Mali, pasteur à Levallois-Clichy



05-06-2009

Retour | Imprimer


fil infos
Expulsion de Palestiniens de Cisjordanie
Concert d'été aux Billettes à Paris
Le blocus de Gaza doit cesser
Appel de la CImade
Décés du pasteur Serge Oberkampf,
La Voix Protestante recrute
L'ERF du Louvre à Paris recrute
temps de culte et de prière pour Haïti
Qui sont les protestants ?
Semaine de prière pour l’unité
Appel d’urgence pour Haïti
Décès du pasteur Roby BOIS
Message de la 13è Assemblée générale de la KEK à toutes les Eglises membres
Suspension des contrats de retentions adminsitratives
N'arrêtons pas le chantier de réforme entrepris dans les prisons
Pour les peuples d'Israël et de Palestine
renoncer à son double discours à l’égard des migrations
Animations pour les ados
Deux envoyées en Israël et Palestine
Avis du projet de décision vers une Eglise Protestante Unie de France
Fiers de notre passé et résolument tournés vers un avenir plein d’espérance
Pour que son rêve devienne réalité
Informations et d’échanges sur la situation des étrangers
Animer un groupe
THE A THEME