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Ce mois-ci : Face au défi des migrations
Labor et Fides : être un forum
Créée en 1923, elle est la plus grande des maisons d’éditions protestantes francophones avec un catalogue de 1 000 titres, et environ 35 nouveaux titres par an.
Elle a atteint sa taille actuelle avec la publications de grandes séries : la Dogmatique de Karl Barth, les Œuvres complètes de Luther, celles de Dietrich Bonhœffer. Depuis peu elle se tourne vers l’interreligieux.
Quelle est votre ligne éditoriale ?
Elle est inspirée par la pluralité essentielle au protestantisme et doit répondre aux objectifs d’information, de formation et de débat. Ce qui crée finalement des frontières assez lâches au sein desquelles se déploient les thèmes de prédilection du protestantisme : la laïcité, la justice sociale, la défense des minorités… Le livre protestant est là pour redire de façon réadaptée le sola gratia, le sola fide. Notre ligne éditoriale n’est donc pas de faire de l’évangélisation, ce que font d’autres maisons d’édition, mais de proposer le ressort de la pensée chrétienne face aux évolutions actuelles de crise des institutions d’une part et de renouveau religieux d’autre part.
Certains nous reprochent parfois de ne pas publier des prises de position sur tel ou tel sujet. Mais nous ne sommes pas un journal d’opinion, au contraire, je crois que nous devons chercher à être un forum où les différentes opinions peuvent être débattues.
Comment votre offre éditoriale rencontre-t-elle la demande du lectorat ?
Nous essayons de varier nos parutions pour divers publics. Il y a d’abord le public « professionnel » des Églises protestantes : pasteurs, chercheurs, professeurs, mais aussi un large public de chercheurs catholiques. Il y a aussi le public paroissial des Églises protestantes, mais sur lequel nous pouvons de moins en moins nous reposer.
Nous recherchons alors un public plus large avec certaines de nos publications. D’abord des lecteurs « hors institution » mais intéressés par le christianisme, avec des auteurs novateurs tels que Lytta Basset. Nous avons aussi lancé une collection plus grand public – les écrivains du réel – avec trois ou quatre publications par an et qui traite de sujets de société : maladies psychiques, reportages sur les morts violentes…
Et Internet dans tout cela ?
C’est pour nous le grand tourbillon auquel nous nous attendons. Pour l’instant, notre site Internet ne représente que 3 % de nos ventes. Mais nous préparons le passage au livre numérique. Cela suppose de formidables investissements – par exemple, en termes de capacités du site Internet – mais aussi une énorme opportunité pour des éditions dans le champ des sciences humaines. Nous travaillons actuellement à la numérisation de 200 titres épuisés de notre catalogue et proposerons bientôt les nouvelles parutions en version numérique en même temps que leur disponibilité dans les librairies.
propos recueillis par Gérald Machabert de L’Ami Chrétien auprès de Gabriel de Montmollin, dir. des éd. Labor et Fides (Genève)
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