« Paix sur la terre » annoncent-elles en chaîne, par-delà les frontières, de Fès à Lifou, d’Antsiranana à Neuchâtel. La nouvelle mission est en marche…
Un événement missionnaire d’une autre génération : la Caravane des Femmes pour la Paix. Un projet initié par la Cevaa : communauté d’Églises en mission.
Vous avez dit Caravane ?
L’idée est simple : relier les 36 Églises de la Cevaa sur les cinq continents en deux ans, en un voyage de l’une à l’autre, à l’image de la caravane que Moïse a guidée contre vents et marées pendant 40 ans, en patriarche fondateur du peuple d’Israël. « Un périple avant tout pacifiste, une croisade contre toute forme de violence » explique Émilienne Pambo, coordinatrice pour le Sénégal.
Qui dit caravane dit campement. Moïse prit soin d’y dresser la « tente de la Rencontre ». Ainsi en est-il pour cette Caravane. Chacune de ses haltes crée des temps forts d’animation missionnaire. Autour de la question de la paix se construisent et se vivent des échanges, réflexion, initiations, célébrations… À Fès, les femmes ont vécu la journée de la Caravane comme « une réconciliation à cause de ce mélange, sans distinction aucune, d’hommes, de femmes, d’étudiants, de migrants d’Afrique noire, de chrétiens, de musulmans, de non-croyants… ». Moment fort de la rencontre : le témoignage d’une femme contrainte à fuir les violences de la guerre loin de son pays natal et des siens. Un drame parmi les milliers d’autres vécus par tous ces migrants échoués aux portes de l’Europe, sans réelle perspective d’avenir (1).
Les femmes en première ligne
Les femmes devant, les hommes derrière. Que ce soit en Côte d’Ivoire minée par la guerre civile, en Centrafrique plongée dans les troubles politiques, en Nouvelle-Calédonie dans les soubresauts indépendantistes… la Cevaa a tablé sur le ministère des femmes pour donner du contenu à une paix « synonyme de bien que l’Homme recherche en permanence ». Le singulier pèlerinage à Montpellier de Marie-Claude Tjibaou, Anadrune Yéwéné et Manaki Wéa reste dans toutes les mémoires. 15 ans après le tragique assassinat du leader Kanak Jean-Marie Tjibaou et de son lieutenant à Ouvéa, les veuves des victimes, aux côtés de celle du meurtrier, se sont dressées publiquement pour une improbable réconciliation. En tout état de cause, la violence frappe encore et toujours les femmes, leurs époux, leurs fils et leurs filles, leurs pères… écrasés par la pauvreté, les conflits, la haine, la guerre.
Un tour du monde peu ordinaire
Ce n’est pas un hasard si, au tout début de l’itinéraire de la Caravane, les valises se sont posées en Casamance, région troublée par une rébellion sans fin. À Sédhiou, terre historique protestante, l’Église locale s’est réconciliée avec son passé en se recueillant sur la tombe du premier missionnaire arrivé au Sénégal, le pasteur Jules Loga, décédé en 1886.
Le flambeau, symbole de la paix porté par les caravaniers -un rouleau de tissus confectionné par des couturières de Celle en France- circule au cœur de l’Afrique. La chaîne se prolongera par l’Océan Indien, le Pacifique, l’Amérique Latine jusqu’en Europe. Les messages de paix et d’espérance apposés sur le rouleau par les 36 Églises à travers 27 pays traversés seront alors délivrés lors de l’AG de la Cevaa en octobre 2008 à Neuchâtel Albert Huber, chargé de mission presse de la Cevaa
Un tour du monde en 500 jours et 27 pays
• Mai 2007 : Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin
• Oct. : Gabon, Cameroun, Centrafrique, Congo Brazzaville, Rwanda
• Fév. 2008 : Tanzanie, Mozambique, Lesotho, Zambie, Madagascar, La Réunion, Maurice
• Avril : Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Uruguay, Argentine
• Juin : Italie, France (sept 2008), Suisse.